Deux ans après son adoption dans la douleur, la réforme des retraites s’impose plus que jamais comme le fardeau du macronisme. Ce qui devait symboliser la responsabilité budgétaire et la modernisation sociale est devenu un boulet politique. En lâchant du lest, Élisabeth Borne révèle ce que nombre d’élus redoutaient : l’incapacité du camp présidentiel à assumer collectivement une mesure honnie par une large majorité de Français. Entre geste tactique et aveu de faiblesse, sa déclaration marque peut-être le début d’un rééquilibrage politique, mais aussi la fin d’une ère — celle d’un pouvoir qui croyait encore pouvoir réformer sans écouter.