Le lien avec les flatulences vient d’ici : l’H₂S participe à la mauvaise odeur des pets, et des travaux antérieurs cités par le New York Post suggèrent que les flatulences féminines présentent une “concentration significativement plus élevée” de sulfure d’hydrogène et une “intensité d’odeur plus grande” que celles des hommes. L’article rappelle aussi que le corps produit naturellement de petites quantités de ce gaz pour réguler différentes fonctions. Les niveaux d’H₂S diminuent toutefois avec l’âge, ce qui pourrait contribuer, selon les chercheurs, à la vulnérabilité accrue du cerveau au moment où apparaissent les symptômes d’Alzheimer.

Dire pour autant qu’il faudrait renifler volontairement ses propres pets pour se protéger reste un raccourci médiatique. L’étude de Johns Hopkins ne teste jamais l’inhalation de flatulences, mais l’effet d’un donneur de H₂S administré de manière contrôlée dans l’organisme. Le gaz agit surtout à l’intérieur des cellules, pas via le simple passage par le nez. Pour les chercheurs, l’enjeu est désormais de transformer cette découverte en médicaments capables d’apporter des doses très faibles mais précises de sulfure d’hydrogène au cerveau, afin de freiner, voire inverser, certains symptômes. Une manière bien plus réaliste de faire de ce gaz malodorant un potentiel allié contre le cauchemar de la maladie d’Alzheimer.