Le séisme politique continue d’ébranler le camp présidentiel. En se déclarant favorable à une « suspension » de la réforme des retraites, Élisabeth Borne, longtemps symbole de sa mise en œuvre, provoque une onde de choc jusque dans les rangs de la majorité.

C’est un revirement lourd de sens. L’ancienne Première ministre, devenue ministre de l’Éducation nationale, a affirmé mardi 7 octobre qu’il fallait « savoir écouter et bouger ». Celle qui, en 2023, incarnait la rigueur et la fermeté du gouvernement face à la contestation sociale, reconnaît aujourd’hui la nécessité d’une pause. Une déclaration perçue comme un désaveu implicite de la ligne présidentielle. La réforme, qui a relevé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, avait été le catalyseur d’une colère sociale d’ampleur historique. En prononçant le mot « suspension », Élisabeth Borne fissure le dernier pilier du macronisme social-libéral.

Une mesure politiquement complexe à mettre en œuvre

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